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Faible lumière: virée dans l'Agriparc des Grisettes à Montpellier

    Aujourd'hui, j'utilise le prétexte d'une sortie dans un parc à Montpellier pour aborder la problématique de la faible lumière extérieure: comment prendre de bonnes photos quand les conditions lumineuses sont mauvaises ? Ou bien, formulé autrement, comment sauver les meubles avec vos images quand vous tenez absolument à réaliser des prises de vue dans des conditions difficiles ? Car à la base, pour éviter de perdre du temps et de l'énergie, ça ne sert à rien de photographier dans des conditions trop difficiles. Le matériel a ses limites, la post-production également, et vous ne transformerez pas un cliché pris à main levée dans la nuit noire par grand vent en oeuvre d'art apte à être exhibée en galerie.

(Pour information, les photos de cet article ont été prises à l'Agriparc des Grisettes, vaste espace naturel protégé en bordure Sud-Ouest de Montpellier, qui comprend plusieurs hectares de vignes et un vieux mas abandonné, bref de biens beaux sujets photographiques ! Je vous conseille la visite si vous passez dans les environs.)

Passage au cœur des vignes, Agriparc des Grisettes, Montpellier

1. Critère n°1: La stabilité

    Qui dit faible lumière, dit temps d'exposition allongé. Avant de s'intéresser aux réglages de votre appareil photo, la base pour travailler en faible lumière est un accessoire indispensable à qui souhaite s'améliorer en photographie: le trépied. Sans lui, difficile de ne pas bouger durant l'exposition. En résultent souvent des images floues, pas forcément visibles au premier coup d'oeil. En zoomant légèrement dans l'image, des traînées apparaissent le long des contours des sujets, ruinant tous vos efforts. 

 

Exemple de trépied aluminium, surmonté d'une rotule ball

 

Il existe des trépieds pour tous les budgets, et comme pour beaucoup de choses en photo, plus c'est cher, plus la qualité est au rendez-vous. Pour faire court, on distingue 2 grandes catégories de trépied: ceux en aluminium (bas de gamme à haut de gamme) et ceux en fibre de carbone (haut de gamme). L'aluminium a l'inconvénient d'être plus lourd et résiste moins aux petites déformations d'usure, quand à la fibre de carbone, elle est légère, solide et reste agréable au contact de la peau même par temps froid. Le trépied est aussi caractérisé par son encombrement, sa taille maximale, son nombre de sections, son type de rotule, etc. J'aurai l'occasion d'y revenir dans un article dédié.

Pour cette prise de vue en fin de journée/début de nuit, j'ai délibérément choisi de me passer du trépied, ce qui me permet d'aborder le critère suivant...

2. Critère n°2: Une grande ouverture 

    Diaphragme, ouvre toi ! De manière très réduite, les 2 principales variables sur lesquelles vous allez influer pour prendre votre photo sont l'ouverture de votre diaphragme (diamètre du trou par lequel la lumière va passer pour arriver au capteur), et le temps durant lequel ce trou va rester ouvert (la fameuse durée d'exposition). 

Imaginez un seau vide (le capteur), placé sous un robinet (le diaphragme). Vous ouvrez le robinet à l'instant T. A la fin, la quantité d'eau (donc de lumière) dans le seau dépendra du diamètre du robinet (petit=peu d'eau, gros=beaucoup d'eau), et du temps pendant lequel le robinet aura été ouvert. C'est exactement pareil en photographie. Plus vous ouvrez le diaphragme et le laissez ouvert longtemps, plus la photo sera lumineuse. A l'inverse, plus vous le fermez , qui plus est pendant un temps très court, plus votre image sera sombre.

En lisant ces lignes, vous avez sûrement déjà deviné où je veux en venir... Si vous manquez de lumière, ouvrez grand et longtemps votre robinet ! Attention cependant à maintenir une profondeur de champ suffisante au regard de votre sujet sinon vous risquez de flouter des parties de l'image... cela serait dommage après toutes ces précautions !

3. Critère n°3: une durée d'exposition minimale

    Dans le cas où vous avez un trépied avec vous, vous n'êtes pas concerné par ce critère. Mais si vous réalisez vos prises de vue à main levée, comme je l'ai fait durant cette sortie, vous ne pouvez pas laisser votre diaphragme ouvert trop longtemps. Pourquoi ? Et bien, si vous êtes normalement constitué et pas encore robotisé, votre corps bouge. C'est implacable, vous n'y pouvez rien. Une règle simple permet de calculer la durée d'expo limite généralement admise pour des prises de vue à main levée: l'inverse de la focale (pour un plein format). Par exemple, au 50mm, il est recommandé de ne pas descendre en dessous de 1/50e de seconde (plein format) et 1/75e de seconde (1/(50 x facteur de conversion des APS-C, qui est de 1.5 pour Nikon et 1.6 pour Canon) pour les appareils APS-C. Si vous la dépassez, le risque de bougé devient trop grand. Tout au mieux pouvez-vous suivre ces trucs et astuces pour espérer gagner quelques précieux dixièmes:

  • Plaquez vos coudes bien serrés contre votre corps 
  • Bloquez votre respiration (très efficace !)
  • Trouvez de quoi vous appuyer pour gagner en stabilité: un mur, une porte, un tronc d'arbre feront l'affaire
  • Si le cadrage vous le permet, mettez-vous accroupi, un genou posé au sol, l'autre relevé, et prenez appui sur votre cuisse tout en visant

4. Critère n°4: les ISO en dernier recours

Un réglage indispensable...

    Si malgré toute votre bonne volonté le résultat n'est pas à la hauteur, pas de panique ! Il reste une botte secrète à votre disposition: la sensibilité de votre capteur. Il traduit la capacité de votre appareil à amplifier les signaux lumineux. La lumière vient frapper les photodiodes du capteur, qui la convertissent ensuite en signaux électriques, amplifiés puis traités avant le résultat final. C'est un réglage important sur votre appareil photo. Plus la valeur d'ISO est basse (50 à 100), moins le capteur est sensible, moins vous aurez de lumière. Plus la valeur est élevée (3200, 6400, voire jusque 25000 pour les reflex haut de gamme les plus récents), plus vous aurez de lumière

Le principe des ISO est relativement simple à comprendre. Il est directement lié au temps d'exposition équivalent. Exemple: vous prenez votre chien Médor, affalé sur son panier, dans la pénombre, avec les ISO les plus bas (ISO 100) et il vous faut 1 seconde de temps d'exposition pour que la photo soit réussie. Oui mais voilà, 1 seconde c'est long, très long pour vos petits bras ou le toutou qui n'auront pas manqué de bouger. Vous décidez de passer les ISO à 100x2 = 200: cela revient à diminuer la durée d'exposition par 2, soit 0,5 secondes. Hélas, c'est encore insuffisant. Qu'à cela ne tienne ! Continuez d'augmenter vos ISO jusqu'à obtenir une photo bien nette. Ici, ISO 3200 vous permettront d'obtenir un temps d'exposition équivalent de 1/32e, bien plus confortable pour réduire le bougé en vous y prenant bien.

En règle général, les ISO à choisir en fonction de votre environnement sont les suivants:

  • ISO 100: en plein jour, franc soleil, ou en intérieur avec un fort éclairage (magasin, studio...)
  • ISO 200 à 400: en plein jour, temps nuageux, ou en intérieur avec éclairage standard
  • ISO 800 à 1000: environnement à luminosité réduite, aurore, crépuscule, intérieur peu lumineux
  • ISO 1600 à 3200: environnement nocturne. 

... mais à double tranchant

    Formidable, me direz-vous ? Oui... et non. Le revers de la médaille, c'est l'apparition progressive d'un élément disgracieux: le bruit. Rassurez-vous, votre appareil ne va pas se mettre à hurler dès que vous augmentez ses ISO. Le bruit correspond à une perte de qualité: diminution de la netteté, petits points (grains) présents partout (bruit de luminance), tâches de couleur plus ou moins grosses (bruit de couleur), le tout aboutissant à une résolution dégradée.

Dans des situations particulières, il peut être recherché (effet ancien par exemple), mais la majorité des photographes font tout pour l'éviter. C'est l'équivalent du grain en photographie argentique. A l'époque, en l'absence de capteur, la sensibilité était modifiée par le choix du film photo qui était plus ou moins sensible à la lumière. Aujourd'hui, tout le processus de conversion/amplification de la lumière en signaux électriques inclut sa part d'erreurs. Plus vous montez en ISO, plus vous amplifiez ces erreurs et ajoutez du bruit

La montée en ISO de vos photos dépendra beaucoup de la qualité de votre appareil et de la taille de votre capteur. Plus celui-ci est petit (les appareils photos compacts), plus le bruit apparaîtra à des valeurs d'ISO faibles (400, 800...). A l'inverse, sur un grand nombre de reflex, le bruit est quasiment indiscernable jusque 3200 ISO (6400 pour les plus haut de gamme).

Par chance, de nombreux logiciels de post-production comportent un onglet "bruit" vous permettant de le réduire après coup, devant votre écran d'ordinateur. Mais corriger ce phénomène revient à lisser la surface de l'image, donc à diminuer sa netteté... bref l'on gagne d'un côté ce que l'on perd de l'autre, à vous de trouver le juste milieu, et surtout, adopter les bons réglages dès la prise de vue.

CONCLUSION

Voilà, j'espère que cet article vous aidera à avoir les bons réflexes lorsque la lumière extérieure vient à manquer. En résumé, les 4 points essentiels sont:

  • Etre stable: idéalement avec le trépied, sinon en réduisant le bougé de votre corps au maximum
  • Ouvrir le diaphragme, pour faire entrer le plus de lumière possible
  • Maintenir un temps d'exposition minimal pour éviter le flou de bougé
  • En dernier recours, boostez vos ISO, en prenant garde aux limites de votre appareil par rapport au bruit

 

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Clément COUSIN, photographe à Montpellier pour 321 Lux.

 

Conteneur décontenancé

Les vignes des Grisettes au milieu d'un quartier en construction

Comme un écho...

Au bout du chemin, le Mas des Grisettes

Mas de l'Agriparc des Grisettes

Mas de l'Agriparc des Grisettes

Tombée du jour sur les Grisettes

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by Clément COUSIN